Personne âgée qui vit seule : veiller sur elle de loin
En France, une personne de 65 ans ou plus sur trois vit seule dans son logement (Insee), et ce n’est pas un danger en soi. Le risque, c’est qu’un problème passe inaperçu : une chute dont on ne se relève pas, un malaise, une journée sans boire. Veiller de loin tient en trois choses : savoir que tout va bien, avoir quelqu’un qui peut passer vite, et qu’on vous prévienne quand ça ne va pas. Et c’est elle qui décide.
Par Alex, fondateur de Zenyo · · 12 min de lecture
L’essentiel
Vivre seule à 80 ans, est-ce dangereux ?
Non, pas en soi. C’est la situation d’un peu plus d’un quart des 65-74 ans, et de près d’une personne sur deux entre 90 et 94 ans (Insee, 2021). Rester chez soi est aussi ce que la plupart des gens souhaitent : en 2023, 74 % des adultes interrogés par la DREES préféreraient rester à domicile s’ils perdaient leur autonomie.
Quels risques comptent vraiment quand on vit seule ?
La chute dont on ne se relève pas
Chaque année, environ une personne de plus de 65 ans sur cinq tombe, et le risque augmente avec l’âge (Santé publique France). Ce qui peut rendre une chute grave, c’est aussi ce qui la suit : ne pas pouvoir se relever, et rester au sol avant que quelqu’un le sache.
Une étude britannique a suivi pendant un an 110 personnes de plus de 90 ans (BMJ, 2008). Dans 82 % des cas, la chute est survenue quand la personne était seule. Parmi celles qui sont tombées, 80 % n’ont pas pu se relever sans aide au moins une fois ; 30 % sont restées au sol une heure ou plus. Rester longtemps au sol y était étroitement lié à des blessures graves, à une hospitalisation, puis à une entrée en établissement.
Ces chiffres valent pour des personnes très âgées. La Haute Autorité de santé va dans le même sens pour les personnes qui tombent à répétition (HAS, 2009). Elle compte « l’impossibilité de se relever du sol avec séjour au sol supérieur à une heure » parmi les signes de gravité. Et elle range « le fait de vivre seul » parmi les trois principales situations à risque.
Le malaise, la chaleur, la journée sans boire
Un malaise, une forte chaleur, une journée où elle boit trop peu : là aussi, on peut avoir besoin de quelqu’un sans pouvoir appeler. Les fortes chaleurs peuvent avoir de graves effets sur la santé des personnes vulnérables, dont la déshydratation. Parmi les conseils de service-public.gouv.fr en cas de canicule : « prenez des nouvelles des plus fragiles ; en cas de malaise, appelez le 15 ».
L’isolement qui s’installe sans bruit
Vivre seule n’est pas être isolée : on peut habiter seule et voir du monde chaque jour. Mais l’isolement peut y être lié, comme à des déplacements difficiles ou à des visites rares. L’isolement peut aussi suivre un moment de vie : le décès du conjoint, la retraite, un problème de santé (portail national pour les personnes âgées).
Comment savoir que tout va bien, sans l’appeler trois fois par jour ?
Un rendez-vous d’appel, et ce qu’on fait s’il manque
Le plus simple ne coûte rien : un appel à heure fixe, choisie avec elle, pour parler plutôt que pour contrôler. Convenez aussi, à l’avance, de ce qui se passe s’il manque. Par exemple : « Si tu ne réponds pas, je rappelle un quart d’heure plus tard ; ensuite, je demande à la voisine de sonner. »
Si un jour elle ne répond pas, notre article Personne âgée qui ne répond pas au téléphone : que faire ? donne la marche à suivre.
Ce qu’on regarde quand on lui rend visite
Les visites sont le moment de regarder, sans inspecter. Pour repérer qu’une personne âgée s’isole, le portail national cite des signes simples, parmi lesquels :
- des volets fermés en journée, une boîte aux lettres pleine ;
- un logement négligé ;
- peu d’appétit, une perte de poids ;
- des vêtements négligés, ou qui ne vont pas avec la saison ;
- moins d’intérêt pour ce qu’elle aimait.
Ce n’est pas un diagnostic, mais une raison d’en parler avec elle. Pour sa santé, son médecin traitant reste le bon interlocuteur.
Qui peut passer vite si quelque chose ne va pas ?
Faire la liste : famille, voisins, gardien, aide à domicile
Faites ensemble la liste des personnes qui pourraient passer : famille, voisins, gardien, aide à domicile, amis. Pour chacune, notez à combien de minutes elle habite, si elle a une clé, si elle répond le jour, et la nuit.
Cette liste servira le jour où elle ne répond pas, et pour la plupart des solutions d’alerte : la téléassistance, par exemple, la demande dès la souscription (portail national).
Ce rôle est très partagé : en 2021, près d’une personne sur quatre de 55 à 64 ans déclarait aider régulièrement un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie (DREES). Partager la veille évite qu’elle repose sur une seule personne.
Une clé accessible, les codes notés, les numéros à portée de main
Le jour où quelqu’un doit entrer, il lui faut une clé, les codes de l’immeuble, l’étage et la porte.
Notez les numéros près de son téléphone et dans le vôtre : son médecin traitant, les voisins de la liste, et les numéros d’urgence. Ils sont gratuits et joignables jour et nuit : 15, 18, 112, et 114 par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes. Enregistrez aussi le 0 800 112 112 : c’est le numéro depuis lequel les services d’urgence rappellent (service-public.gouv.fr).
Et pour elle, un téléphone portable qu’elle garde sur elle. Après une chute dont on ne peut pas se relever, l’Assurance Maladie conseille de composer le 112 si l’on a un portable sur soi. Sa page explique aussi comment se relever (ameli.fr).
Les relais de sa commune
Le point d’information local dédié aux personnes âgées offre un accueil gratuit ; selon les départements, il s’appelle CLIC, point d’info autonomie ou service senior. Il aide à trouver des solutions pour rester chez soi, et informe aussi les proches aidants (portail national). Autre porte d’entrée : la mairie et son centre communal d’action sociale (CCAS).
La mairie tient aussi un « registre canicule », gratuit et confidentiel, ouvert notamment aux 65 ans et plus qui vivent à leur domicile. Pendant une alerte canicule, les services de la ville appellent régulièrement les inscrits ; si l’absence de réponse inquiète, le CCAS peut contacter la police municipale (service-public.gouv.fr). Un proche peut demander l’inscription : parlez-lui-en d’abord.
Comment être prévenu quand ça ne va pas ?
Chaque solution remarque une chose et en manque une autre. Les appels et les voisins ne couvrent ni les heures entre deux appels, ni la nuit : c’est là que servent les solutions d’alerte.
Le bouton qu’on porte : médaillon, bracelet, montre
C’est la téléassistance classique : un bouton sur soi, relié à un téléopérateur 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 (portail national).
- Ce qu’il remarque : son appel. Si c’est urgent ou si elle ne répond pas, les secours partent ; sinon, un proche est prévenu.
- Ce qu’il ne voit pas : la chute où il n’est pas porté, ou pas pressé.
- Ce qu’il lui demande : le porter en permanence, et penser à appuyer.
Dans l’étude britannique, celles qui ont utilisé leur alarme ne sont presque jamais restées plus d’une heure au sol. Mais presque toutes (97 %) celles qui y sont restées longtemps avec une alarme ne l’avaient pas déclenchée (BMJ, 2008). Les freins tiennent à l’usage : ne pas en voir l’intérêt, ne pas prendre l’habitude de la porter, ou ne pas la déclencher, par choix ou faute d’y parvenir.
Des aides peuvent financer tout ou partie de son coût : le portail national les détaille.
Le détecteur de chute automatique
Certains dispositifs ajoutent des capteurs qui détectent la chute et envoient un signal à la plateforme, sans qu’elle ait à appuyer (portail national).
- Ce qu’il remarque : la chute elle-même, au moment où elle arrive.
- Ce qu’il ne voit pas : ce qui n’est pas une chute, comme un malaise qui s’installe lentement ; et rien s’il n’est pas porté.
- Ce qu’il lui demande : être porté en permanence.
Les capteurs de présence, sans image
Posés dans le logement, des capteurs perçoivent ses déplacements ; en téléassistance, ils alertent automatiquement la plateforme en cas d’absence d’activité (portail national).
- Ce qu’ils remarquent : une maison où plus rien ne bouge, après une chute, un malaise, ou un lever qui n’a pas lieu.
- Ce qu’ils ne voient pas : la chute elle-même, puisque l’alerte part quand le calme dure ; ni ce qui se passe.
- Ce qu’ils lui demandent : rien à porter, rien à presser ; son accord pour les installer.
La caméra
Elle montre ce qui se passe, mais elle entre dans son intimité.
- Ce qu’elle remarque : ce qui se passe dans le champ de l’objectif.
- Ce qu’elle ne voit pas : les pièces où il n’y en a pas.
- Ce qu’elle lui demande : son accord, d’abord.
Filmer une personne dans un lieu privé sans son accord est puni par la loi (service-public.gouv.fr ; Code pénal, article 226-1).
« Vous devez toujours agir avec son consentement. »
Comment en parler avec elle ?
C’est elle qui décide. À propos d’une personne âgée qu’on veut aider, le portail national le dit sans détour : « Vous devez toujours agir avec son consentement. »
- Parlez de votre inquiétude, pas de sa fragilité : « Je serais plus tranquille si… » plutôt que « Tu ne peux plus… ».
- Partez de ce qu’elle veut : rester chez elle, n’avoir rien à porter, ou pouvoir appeler d’un geste.
- Commencez par le moins intrusif : un rendez-vous d’appel, une clé chez un voisin, le registre canicule de la mairie.
- Proposez un essai, avec une date pour en reparler.
Et si elle dit non, on en reparle plus tard, sans insister.
Le plan en une page
- Un rendez-vous d’appel, et ce que vous faites s’il manque.
- La liste des proches qui peuvent passer, le jour et la nuit.
- Une clé chez l’un d’eux, et les codes notés.
- Les numéros : son médecin traitant, les voisins, le 15, le 112, le 0 800 112 112.
- Un portable qu’elle garde sur elle.
- Le registre canicule de la mairie, si elle est d’accord.
- Le point d’information local, pour les services et les aides.
- Une solution d’alerte choisie avec elle, et un essai.
Ce que fait Zenyo, et ce qu’il ne fait pas
Zenyo, c’est ce que nous construisons, dans la famille des capteurs de présence. Un boîtier branché au salon, des capteurs sans fil dans les autres pièces, et une application pour vous (comment ça marche). Ni caméra, ni micro : il sait seulement qu’une pièce est occupée, et depuis quand. Un coup d’œil suffira pour savoir où elle est, et si tout est calme.
Zenyo ne détecte pas la chute elle-même : il remarque ce qui ne se passe plus. Par exemple, aucun mouvement dans la maison depuis bien plus longtemps que tout ce qu’il a observé chez elle. Alors, à sa sortie :
- Chez elle, le boîtier sonnera et son gros bouton s’allumera. Elle va bien ? Il lui suffira de bouger, et tout s’arrêtera. La nuit, il ne sonnera pas et ne s’allumera pas, pour ne pas la faire sursauter : l’alerte suivra son cours.
- Vous serez prévenu·e : vous pourrez l’appeler, ou, le jour, faire sonner le boîtier depuis l’application.
- Puis ses autres proches, l’un après l’autre, jusqu’à ce que l’un d’eux dise « je m’en occupe ». Le cercle compte sept personnes au plus, vous compris.
Ses limites, dites franchement. L’alerte part quand le calme dure, pas au moment du choc. Son radar, le seul de ses capteurs qui remarque aussi une personne immobile, ne couvre que la pièce du boîtier principal ; dans les autres pièces, les capteurs ne perçoivent que le mouvement. Zenyo n’a pas de centre d’appel et n’appelle pas les secours ; il ne remplace ni un médecin, ni un service d’urgence.
Si elle veut pouvoir parler à quelqu’un d’un geste, à toute heure, une téléassistance fait ce que Zenyo ne fait pas. Zenyo ne s’installe jamais sans son consentement ; sa sortie est prévue fin 2026, et il n’a encore aucun client. Si vous voulez qu’on vous écrive à sa sortie, laissez votre adresse ci-dessous : on vous écrit à l’ouverture des premières installations, et rien d’autre.
Sources
- Insee, « En 2021, une personne de 65 ans ou plus sur trois vit seule dans son logement », Insee Première n° 2040, 13 février 2025. https://www.insee.fr/fr/statistiques/8349408
- DREES, « Trois quarts des Français préféreraient rester à domicile en cas de perte d’autonomie », Études et Résultats n° 1348, septembre 2025. https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2025-09/ER1348%20de%CC%81pendance%20-MEL.pdf
- Santé publique France, « Chute — Le traumatisme », mis à jour le 30 mars 2026. https://www.santepubliquefrance.fr/chute/le-traumatisme
- Fleming J., Brayne C., « Inability to get up after falling, subsequent time on floor, and summoning help: prospective cohort study in people over 90 », BMJ, 17 novembre 2008. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC2590903/
- Haute Autorité de santé et Société française de gériatrie et gérontologie, « Évaluation et prise en charge des personnes âgées faisant des chutes répétées — Recommandations », avril 2009. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2009-06/chutes_repetees_personnes_agees_-_recommandations.pdf
- service-public.gouv.fr, « Canicule — Se protéger et protéger ses proches face aux fortes chaleurs », 26 mai 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A14978
- pour-les-personnes-agees.gouv.fr, « Comment repérer l’isolement d’une personne âgée ? », mis à jour le 12 juin 2025, consulté le 14 octobre 2026. https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/preserver-son-autonomie/preserver-son-autonomie-et-sa-sante/comment-reperer-l-isolement-d-une-personne-agee
- DREES, « 9,3 millions de personnes déclarent apporter une aide régulière à un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie en 2021 », Études et Résultats n° 1255, février 2023. https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse/etudes-et-resultats/93-millions-de-personnes-declarent-apporter
- service-public.gouv.fr, « Quels sont les numéros en cas d’urgence (Samu, pompiers...) et les numéros d’écoute ? », vérifié le 25 août 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F33954
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Comment réagir en cas de chute lorsque l’on est âgé ? », 28 mai 2025. https://www.ameli.fr/assure/sante/bons-gestes/seniors/reagir-cas-chute-age
- pour-les-personnes-agees.gouv.fr, « Les points d’information locaux dédiés aux personnes âgées », mis à jour le 30 janvier 2026, consulté le 14 octobre 2026. https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/preserver-son-autonomie-s-informer-et-anticiper/a-qui-s-adresser/les-points-dinformation-locaux-dedies-aux-personnes-agees
- pour-les-personnes-agees.gouv.fr, « La téléassistance », mis à jour le 30 janvier 2026, consulté le 14 octobre 2026. https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/vivre-a-domicile/beneficier-d-aide-a-domicile/la-teleassistance
- pour-les-personnes-agees.gouv.fr, « Les aides financières pour installer une téléassistance », mis à jour le 4 juin 2025, consulté le 14 octobre 2026. https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/vivre-a-domicile/aides-financieres/les-aides-pour-installer-une-teleassistance
- service-public.gouv.fr, « Droit à l’image et respect de la vie privée », vérifié le 6 mai 2022. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F32103
- Code pénal, article 226-1 (Légifrance). https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049312755
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