Bracelet de téléassistance : quand elle refuse de le porter
Si son bracelet de téléassistance reste dans le tiroir, elle n’est pas la seule, et les raisons sont concrètes : la nuit, la douche, l’habitude, ou l’impression de ne pas en avoir besoin. Avant de changer d’appareil, cherchez avec elle ce qui bloque : parfois, un autre modèle suffit. Certaines téléassistances proposent aussi des détecteurs de mouvement posés chez elle : l’alerte part quand plus rien ne bouge, donc plus tard, et seulement à la maison. Si elle sort seule, ou veut parler à quelqu’un d’un geste, le bracelet reste le meilleur choix.
Par Alex, fondateur de Zenyo · · 9 min de lecture
L’essentiel
- Les raisons sont concrètes : la nuit, la douche, l’habitude, ou l’impression de ne pas en avoir besoin.
- Cherchez avec elle ce qui bloque : parfois, un autre modèle suffit.
- Des détecteurs de mouvement posés chez elle : l’alerte part quand plus rien ne bouge, donc plus tard, et seulement à la maison.
- Le bracelet reste le meilleur choix si elle sort seule, ou veut parler à quelqu’un d’un geste.
Pourquoi le médaillon reste-t-il dans le tiroir ?
On ne le porte pas toujours, et ce n’est pas rare
Si son médaillon dort dans un tiroir, elle n’est pas la seule. Dans une petite étude allemande publiée en 2010, 24 % des 52 abonnés interrogés déclaraient ne jamais porter leur bouton d’alarme. Seuls 14 % disaient le porter 24 heures sur 24 (Zeitschrift für Gerontologie und Geriatrie, 2010).
Une étude britannique a suivi pendant un an des personnes de plus de 90 ans. Prenons celles qui vivaient chez elles et avaient une alarme d’appel (un médaillon, ou une sonnette). Quand elles sont tombées seules sans pouvoir se relever, elles ne s’en sont pas servies pour appeler à l’aide dans 78 % de ces chutes (BMJ, 2008).
Ces études sont petites, et faites à l’étranger. Elles disent pourtant une chose simple : un bouton protège quand il est porté, et quand on appuie dessus.
La nuit, la douche, l’habitude
Les raisons sont parfois très concrètes. Dans l’étude britannique, une personne racontait : « Je l’avais déjà enlevé pour me coucher et posé sur la table de nuit, alors je ne pouvais plus l’atteindre » (traduit de l’anglais).
Pour la douche, certains modèles sont étanches et peuvent se garder sous la douche (portail national pour les personnes âgées).
Reste l’habitude, qui ne vient pas toujours. Parmi les freins, l’étude britannique compte le fait de ne pas prendre l’habitude de porter le médaillon, même une fois le système installé (BMJ, 2008).
« Je n’en ai pas besoin »
Dans la même étude, une personne laissait le sien accroché au dossier d’une chaise : pour elle, ce n’était pas encore la peine de le porter. Les auteurs relèvent d’autres freins : ne pas voir l’intérêt d’une alarme, ou ne pas la déclencher, parfois par crainte d’être emmenée à l’hôpital. Ils y lisent un souci légitime de préserver son indépendance (BMJ, 2008).
En France, une étude publiée par l’État en 2017 va dans le même sens. La décision de prendre une téléassistance « n’est que très rarement prise par les seniors eux-mêmes ». Et quand l’équipement est subi, la personne ne se l’approprie pas vraiment, jusqu’à ne pas le porter (PIPAME, 2017).
D’où l’idée de le choisir avec elle, et non pour elle. Pour la conversation elle-même, Personne âgée qui refuse toute aide donne des pistes pour en parler sans la braquer.
Et sans rien à porter ?
Des détecteurs de mouvement reliés à la plateforme
Certaines téléassistances proposent des détecteurs de mouvements. Le portail national pour les personnes âgées les décrit ainsi : « Des capteurs sont installés dans votre logement et ils détectent vos déplacements. En cas d’absence d’activité, une alerte est envoyée automatiquement à la plateforme de téléassistance. »
Ces détecteurs-là ne se portent pas : ils sont posés chez elle. Comme pour toute téléassistance, un micro-haut-parleur installé chez elle permet au téléopérateur de l’entendre et de lui parler à distance.
Des capteurs qui apprennent ses habitudes
L’agence régionale de santé d’Île-de-France décrivait en 2016 une « téléassistance active » : des capteurs de présence un peu partout dans la maison, qui apprennent les habitudes de la personne. Elle ne repère pas la chute elle-même, mais une situation anormale par rapport à ces habitudes (ARS Île-de-France, 2016).
Zenyo, ce que nous construisons, repose lui aussi sur des capteurs posés chez soi, mais ce n’est pas une téléassistance : aucune plateforme ne reçoit ses alertes. Nous en parlons à la fin.
Le détecteur de chute : rien à presser, mais à porter
Le détecteur de chute, lui, se porte : placé dans un bracelet ou un médaillon, il repère le choc (ARS Île-de-France, 2016). Un signal part alors vers la plateforme, sans qu’elle ait à appuyer (portail national).
Il ne sert donc que s’il est porté au moment de la chute, comme le notait l’étude publiée par l’État en 2017 (PIPAME, 2017). En 2016, l’ARS Île-de-France ajoutait qu’il ne repère que les chutes lourdes, pas les chutes molles, et qu’il donne parfois de fausses alertes.
C’est une réponse quand elle porte son bracelet mais ne pense pas à appuyer. Pas quand il reste au tiroir.
Et la caméra ?
Elle n’a rien à porter, mais elle entre dans son intimité. Elle demande donc son accord, d’abord : filmer une personne dans un lieu privé sans son accord est puni par la loi (service-public.gouv.fr). Notre guide pour veiller de loin compare les solutions, caméra comprise.
Ce que ces détecteurs ne font pas
Posés chez elle, ces détecteurs ne dépendent pas du tiroir. Mais ils ont leurs limites, que l’ARS Île-de-France écrivait déjà en 2016 :
- L’alerte part plus tard. Elle porte sur une situation anormale, pas sur la chute : dans certaines situations, « plusieurs heures peuvent se passer » avant qu’elle parte.
- Ils ne veillent qu’à la maison. Rien au jardin, rien dehors.
- Ils supposent qu’elle vive seule. La solution est « incompatible avec la vie de couple », écrit l’agence.
- Tout le logement, c’est du matériel. Couvrir chaque pièce demande un équipement « parfois coûteux et complexe » (PIPAME, 2017).
- Elle ne peut pas appeler d’elle-même, sauf si un bouton s’y ajoute.
Quand le bracelet reste le meilleur choix
Le bracelet n’est pas en cause : c’est l’usage. Porté, et pressé, il prévient plus vite que des capteurs posés dans la maison.
Quand elle le porte, et l’accepte
Dans l’étude britannique, presque aucune des personnes qui se sont servies de leur alarme n’est restée plus d’une heure au sol (BMJ, 2008). Si elle le porte, ne changez rien.
Quand elle sort seule
Certains dispositifs ont un GPS. Il permet d’alerter la plateforme même hors de chez elle, et de la géolocaliser si une aide est nécessaire (portail national). Des capteurs posés au salon ne la suivent pas au marché.
Quand elle veut parler à quelqu’un, tout de suite
D’un appui sur son bouton d’alerte, elle entre en contact avec un téléopérateur, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 (portail national).
Quand personne ne peut passer vite
Si elle ne répond pas, ou si c’est urgent, le téléopérateur déclenche les secours. À la souscription, on donne aussi la liste des personnes à prévenir, qui peuvent venir rapidement chez elle (portail national).
Une réserve, qui date de 2017. Quand les proches ne pouvaient pas intervenir, l’étude publiée par l’État notait que l’appel aux secours était possible, « avec toutefois de fortes disparités selon les départements » (PIPAME, 2017). Demandez au prestataire ce qu’il fait dans ce cas. Sans téléassistance, le jour où elle ne répond pas et que personne ne peut aller voir : que faire, et quand appeler le 112.
Quand elle vit en couple
Les capteurs qui apprennent des habitudes supposent qu’elle vive seule (ARS Île-de-France, 2016). À deux, le bouton qu’on porte reste la solution.
Un bouton et des détecteurs, ensemble
Un bouton et des détecteurs peuvent aussi se compléter. En 2017, l’étude publiée par l’État envisageait des téléassistances enrichies d’autres capteurs reliés au même appareil, dont des détecteurs de présence (PIPAME, 2017). Demandez au prestataire ce que son offre comprend.
Que choisir, selon ce qui bloque ?
Le portail national le dit simplement : « Il est important de prendre le temps de choisir le système qui correspond à votre besoin de sécurité et à votre mode de vie. » Selon ce qui bloque :
- Elle l’enlève pour la douche : un modèle étanche.
- Elle n’aime pas le collier ou le pendentif : une autre forme, comme une montre, un bracelet ou des lunettes.
- Elle le porte, mais n’appuie pas : un détecteur de chute, avec ses limites.
- Elle ne veut rien porter, et vit seule : des détecteurs posés chez elle, en sachant ce qu’ils ne voient pas.
- Elle sort seule, ou personne n’habite près d’elle : un bracelet de téléassistance, avec un GPS si besoin.
Choisissez avec elle, et proposez un essai, avec une date pour en reparler : Personne âgée qui refuse toute aide explique comment. Des aides peuvent financer tout ou partie d’une téléassistance : le portail national les détaille.
Ce que fera Zenyo
Zenyo, c’est ce que nous construisons, dans la famille des capteurs posés chez soi. Un boîtier branché au salon, des capteurs sans fil dans les autres pièces, et une application pour vous (comment ça marche). Rien à porter, ni caméra ni micro. Sa sortie est prévue fin 2026.
Zenyo ne détecte pas la chute elle-même : il remarque ce qui ne se passe plus. Par exemple, aucun mouvement dans la maison depuis bien plus longtemps que tout ce qu’il a observé chez elle (nos réponses à vos questions). Cela peut prendre plusieurs heures, davantage la nuit.
Alors, le jour, le boîtier sonnera d’abord chez elle, et son gros bouton lumineux s’allumera. Pour dire que tout va bien pendant cette sonnerie, elle appuiera sur ce bouton : un simple mouvement ne suffira pas. Sans réponse en cinq minutes, vous serez prévenu·e, puis ses autres proches, l’un après l’autre, jusqu’à ce que l’un de vous dise « je m’en occupe ». La nuit, le boîtier ne sonnera pas, pour ne pas la réveiller en sursaut : on vous préviendra quand même.
Bon à savoir :
- Il veillera à la maison, sur une personne qui vit seule : à deux, les capteurs ne savent pas qui bouge, et dehors, un bracelet avec GPS garde tout son intérêt.
- Ce sont ses proches qui seront prévenus, pas une centrale ni les secours : il lui faut des proches qui puissent passer. Le gros bouton du boîtier, au salon, lui servira aussi à les appeler à l’aide.
- Le boîtier principal va dans la pièce de vie : c’est lui qui remarque aussi une personne immobile ; dans les autres pièces, les capteurs perçoivent le mouvement.
- Il se connectera au Wi-Fi de la maison : s’il ne donne plus de nouvelles pendant une heure, vous recevrez un courriel.
Zenyo peut aussi s’ajouter à un bracelet qu’elle accepte de porter le jour ou pour sortir, sans le remplacer. Ce n’est pas un dispositif médical, et il ne s’installera jamais sans son consentement.
Pour qu’on vous prévienne à la sortie de Zenyo, laissez votre adresse ci-dessous et appuyez sur « Me prévenir à la sortie ». On vous écrira à l’ouverture des premières installations, et rien d’autre.
Sources
- Heinbüchner B., Hautzinger M., Becker C., Pfeiffer K., « Satisfaction and use of personal emergency response systems », Zeitschrift für Gerontologie und Geriatrie, août 2010. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/20814795/
- Fleming J., Brayne C., « Inability to get up after falling, subsequent time on floor, and summoning help: prospective cohort study in people over 90 », BMJ, 17 novembre 2008. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC2590903/
- Portail national pour les personnes âgées (CNSA), « La téléassistance », mis à jour le 30 janvier 2026, consulté le 23 octobre 2026. https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/vivre-a-domicile/beneficier-d-aide-a-domicile/la-teleassistance
- Pôle interministériel de prospective et d’anticipation des mutations économiques (PIPAME), avec la DGE et la CNSA, « L’avenir du marché de la téléassistance et des services associés — Synthèse », rédigée par le cabinet CODA Strategies, 2017. https://www.entreprises.gouv.fr/files/files/Publications/2017/dossiers-dge/2017-02-pipame-teleassistance-synthese.pdf
- Agence régionale de santé Île-de-France, « Objets connectés », campagne Pare à chute, 2016. https://www.iledefrance.ars.sante.fr/media/29838/download
- Service Public (DILA), « Droit à l’image et respect de la vie privée », vérifié le 6 mai 2022. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F32103
- Portail national pour les personnes âgées (CNSA), « Les aides financières pour installer une téléassistance », mis à jour le 4 juin 2025, consulté le 23 octobre 2026. https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/vivre-a-domicile/aides-financieres/les-aides-pour-installer-une-teleassistance
Chaque chiffre de cet article renvoie à sa source, relue le 23 octobre 2026. Une erreur ? Écrivez à contact@zenyo.fr : elle sera corrigée, et la correction datée.