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Rester au sol après une chute : pourquoi l’heure compte

Elle est au sol en ce moment ? Appelez le 15 ou le 112, et demandez s’il faut la relever. Après une chute, ce qui pèse n’est pas toujours le choc : c’est de ne pas pouvoir se relever, et de rester au sol à attendre. Pour Santé publique France, l’incapacité à se relever « est de mauvais pronostic », même sans blessure au moment de la chute. Dans ses recommandations sur les chutes répétées, la Haute Autorité de santé compte un séjour au sol de plus d’une heure parmi les signes de gravité.

Par Alex, fondateur de Zenyo · · 10 min de lecture

L’essentiel

Deux temps comptent, et ils ne se raccourcissent pas de la même façon. Dans la première heure, l’aide vient surtout de ce qu’elle a sur elle et de ce qu’elle sait faire. Ensuite, il faut que quelqu’un remarque que quelque chose ne va pas. Les autres risques de la vie seule sont dans notre guide pour veiller de loin.

Que se passe-t-il quand on reste longtemps au sol ?

Ce que les soignants appellent « station au sol prolongée »

Les soignants parlent de « station au sol prolongée ». Pour la Haute Autorité de santé, le repère est d’une heure : au-delà, ses recommandations sur les chutes répétées prévoient une prise de sang particulière (HAS, 2009). D’où l’intérêt de savoir, si possible, depuis quand elle est par terre.

Ce que l’attente peut entraîner

Rester longtemps par terre a ses propres suites. La HAS cite notamment une rhabdomyolyse, une hypothermie (un corps refroidi à 35 °C ou moins), des escarres, une atteinte des poumons et une déshydratation.

Combien de temps au sol faut-il pour une rhabdomyolyse ? Aucune source officielle que nous avons lue ne fixe de durée. La HAS retient l’heure comme repère, rien de plus précis.

Des chiffres, et pour qui ils valent

En 2018, Santé publique France a interrogé 1 467 personnes de 65 ans et plus, hospitalisées après une chute chez elles, dans sept hôpitaux. « Chez elles » comprenait l’Ehpad et la résidence-autonomie. Parmi ces personnes, 14 % présentaient une rhabdomyolyse (Santé publique France, 2020).

Au Royaume-Uni, des chercheurs ont suivi pendant un an des personnes de plus de 90 ans. Sur les 66 qui sont tombées, 20 sont restées au sol une heure ou plus, soit 30 % (BMJ, 2008). Ils ont trouvé un lien fort entre ces longues attentes et les blessures graves, les hospitalisations et les entrées en établissement. C’est un lien observé, pas la preuve d’une cause.

Ces chiffres valent pour ces personnes-là, hospitalisées en France ou très âgées au Royaume-Uni. Pas pour toutes celles qui tombent.

Combien de temps avant les urgences ?

Chez les personnes hospitalisées : souvent des heures, parfois plus d’une journée

L’enquête française a noté l’heure de la chute et celle de l’arrivée aux urgences. Près de la moitié des personnes sont arrivées moins de trois heures après leur chute. Pour 14,5 %, il s’est écoulé plus d’une journée (Santé publique France, 2020).

Ce délai n’est pas un temps passé au sol. Il va de la chute à l’arrivée aux urgences, et peut compter des personnes qui s’étaient relevées. Il ne vaut que pour des personnes hospitalisées. L’enquête le dit elle-même : ses répondants « ne sont pas représentatifs de la population des personnes âgées qui chutent ».

Ce qui allonge l’attente : tomber sans témoin

Dans l’étude britannique, chaque fois qu’une personne est restée plus d’une heure au sol, elle était tombée sans témoin (BMJ, 2008). Les chercheurs rapportent le cas d’une personne qui avait perdu l’équilibre en se déshabillant. Elle est restée par terre toute la nuit, jusqu’au matin, où elle a pu appeler le porteur de journaux par l’interphone.

La nuit compte aussi : dans l’enquête française, 17,9 % des personnes étaient tombées entre 23 h et 6 h (Santé publique France, 2020). C’est une raison de plus pour garder un téléphone sur la table de nuit, comme le conseillent les caisses de retraite.

La première heure : ce qu’elle peut faire elle-même

Apprendre à se relever, avant d’en avoir besoin

« Une chute aura d’autant moins de conséquence si on arrive à se relever. » C’est ce qu’écrivent les caisses de retraite et Santé publique France, dans leur brochure Bouger en toute sérénité. Des exercices existent pour apprendre à se relever après une chute. L’Assurance maladie conseille de s’y entraîner même si l’on n’est jamais tombé, « de préférence en présence d’une autre personne ».

Les chercheurs britanniques concluent dans le même sens : il faut apprendre aux personnes des façons de se relever du sol (BMJ, 2008). Santé publique France aussi, « car une station prolongée au sol est un facteur de mauvais pronostic ».

Les caisses de retraite organisent des ateliers où l’on apprend ces gestes en groupe, et la brochure conseille de s’y exercer avec un proche. Son médecin traitant peut aussi la conseiller. La technique, étape par étape, est sur la page de l’Assurance maladie : nous ne la recopions pas ici.

Elle n’en voit pas l’intérêt ? Proposez un essai, sans l’imposer : Personne âgée qui refuse toute aide explique comment en parler.

De quoi appeler, à portée de main

La brochure des caisses de retraite le dit simplement : un téléphone sur la table de nuit et dans la pièce où elle se tient le plus souvent. « Et le mieux, si vous avez un téléphone portable, c’est dans votre poche ! » Du portable, elle peut composer le 112 (Assurance maladie). Enregistrez avec elle les numéros des voisins et des proches à prévenir.

Le bouton qu’on porte, quand il est porté

Un bouton d’alerte, en médaillon ou en bracelet, déclenche l’alerte sans attendre : elle appuie, et un téléopérateur l’appelle aussitôt (portail national pour les personnes âgées). Dans l’étude britannique, quand une alarme a servi, l’attente au sol n’a presque jamais dépassé une heure (BMJ, 2008).

Le détecteur de chute porté, lui, envoie un signal tout seul, sans qu’elle ait à appuyer (portail national). Encore faut-il que l’un ou l’autre soit porté au moment de la chute. Pourquoi il reste parfois au tiroir, et quoi essayer : Bracelet de téléassistance : quand elle refuse de le porter.

Si elle ne peut pas se relever

L’Assurance maladie explique quoi faire quand on ne peut pas se relever : alerter avec ce qu’on a sur soi, appeler à l’aide, faire du bruit. S’il n’y a personne à proximité, essayer de se glisser vers un téléphone. En attendant les secours, la même page conseille de se couvrir pour rester au chaud et de bouger bras et jambes. Lisez la page avec elle, à tête reposée.

Les heures suivantes : que quelqu’un remarque

Quand elle n’a pu ni se relever ni appeler, tout dépend du temps que met quelqu’un à s’apercevoir que quelque chose ne va pas. Trois choses raccourcissent ce temps.

Un rendez-vous d’appel, et ce qu’on fait s’il manque

Une heure d’appel convenue avec elle, et une règle simple si l’appel manque : qui va voir, et au bout de combien de temps. C’est elle qui choisit l’heure et la personne. La marche à suivre quand elle ne répond pas est dans Personne âgée qui ne répond pas au téléphone.

Une clé chez quelqu’un qui habite près

La brochure des caisses de retraite conseille de confier ses clés à des voisins ou à des proches, « pour en faciliter l’accès ». Une personne qui a une clé peut entrer vite, puis vous rappeler. Pour faire la liste de ceux qui peuvent passer, le jour comme la nuit, voyez notre guide pour veiller de loin.

Des capteurs qui remarquent que plus rien ne bouge

Certaines téléassistances proposent des détecteurs de mouvements posés dans le logement. « En cas d’absence d’activité, une alerte est envoyée automatiquement à la plateforme de téléassistance » (portail national). Ces détecteurs-là ne se portent pas.

La contrepartie est connue : l’alerte part plus tard. L’ARS Île-de-France le notait en 2016, à propos de capteurs de présence qui apprennent les habitudes. « Dans certaines situations plusieurs heures peuvent se passer avant que l’alerte soit déclenchée » (ARS Île-de-France, 2016). On ne peut donc pas compter sur eux pour la première heure. Ils servent les jours où personne ne serait passé.

Zenyo, ce que nous construisons, repose lui aussi sur des capteurs posés chez soi, mais ce n’est pas une téléassistance : aucune plateforme ne reçoit ses alertes. Nous en parlons à la fin, avec ses limites.

Si vous la trouvez au sol, faut-il la relever ?

Appelez le 15, ou le 112. Au 15, le médecin peut vous donner des directives sur les gestes à faire en attendant les secours (Santé.fr) : demandez-lui s’il faut la relever. La brochure des caisses de retraite le dit aussi : en cas de chute, « ne pas hésiter à appeler le 15 pour demander conseil ».

Ces numéros sont gratuits et répondent 24 heures sur 24 (service-public.fr). Si vous savez depuis quand elle est au sol, dites-le. Ce qu’on dit d’autre à l’opérateur, et comment faire si vous appelez de loin : Personne âgée qui ne répond pas au téléphone.

Pour apprendre les gestes de premiers secours, des formations existent (préfecture du Finistère). La formation « Gestes qui sauvent » dure deux heures ; la formation « Premiers secours citoyen », sept heures au moins.

Ce que fera Zenyo, et ce qu’il ne fera pas

Zenyo, c’est ce que nous construisons : un boîtier branché au salon, des capteurs sans fil dans les autres pièces, et une application pour vous (comment ça marche). Rien à porter, ni caméra ni micro. Sa sortie est prévue fin 2026.

Zenyo ne détecte pas la chute. Si elle reste au sol, c’est l’absence de mouvement qui déclenchera l’alerte, pas le choc lui-même (nos réponses à vos questions). Cela peut prendre plusieurs heures, davantage la nuit. Zenyo sert donc pour les heures suivantes, en plus d’un portable dans la poche ou d’un bouton porté. Ne comptez pas sur lui pour la première heure.

Le jour, le boîtier sonnera d’abord chez elle, et son gros bouton lumineux s’allumera. Pour dire que tout va bien, elle appuiera sur ce bouton : un simple mouvement ne suffira pas, puisqu’on peut bouger au sol sans pouvoir se relever. Sans appui sur ce bouton, l’alerte continuera vers ses proches, par exemple si elle est au sol.

Sans réponse en cinq minutes, on vous préviendra, puis ses autres proches, l’un après l’autre, jusqu’à ce que l’un de vous dise « je m’en occupe ». La nuit, le boîtier ne sonnera pas, pour ne pas la réveiller en sursaut : on vous préviendra quand même.

Bon à savoir :

  • Le boîtier principal ira dans la pièce de vie : c’est lui qui remarquera aussi une personne immobile ; dans les autres pièces, les capteurs percevront le mouvement.
  • Ce sont ses proches qui seront prévenus, pas une centrale ni les secours : c’est à vous, ou à l’un d’eux, d’appeler le 15 si besoin.
  • Zenyo remarquera aussi qu’elle reste trop longtemps dans une même pièce : même si elle y bouge, une présence bien plus longue que d’habitude déclenchera l’alerte.

Ce n’est pas un dispositif médical, et il ne s’installera jamais sans son consentement.

Pour qu’on vous prévienne à la sortie de Zenyo, laissez votre adresse ci-dessous et appuyez sur « Me prévenir à la sortie ». On vous écrira à l’ouverture des premières installations, et rien d’autre.

Sources

Chaque chiffre de cet article renvoie à sa source, relue le 24 octobre 2026. Une erreur ? Écrivez à contact@zenyo.fr : elle sera corrigée, et la correction datée.

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