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Personne âgée qui refuse toute aide : comment en parler

Votre mère ou votre père refuse toute aide ? Une personne âgée qui peut décider pour elle-même a le droit de refuser une aide à domicile, des soins ou l’entrée en Ehpad. Le but n’est donc pas de la faire céder. Il s’agit de comprendre ce qu’elle refuse, puis de lui proposer une seule chose, à l’essai, en lui laissant le choix. Le seul moment où l’on n’attend pas son accord, c’est le danger immédiat : on appelle alors le 15 ou le 112.

Par Alex, fondateur de Zenyo · · 11 min de lecture

L’essentiel

A-t-elle le droit de refuser toute aide ?

Oui, chez elle comme pour ses soins

Oui. La loi demande aux services sociaux et médico-sociaux qui l’accompagnent, chez elle comme en établissement, de rechercher son consentement éclairé. Ils doivent le rechercher « systématiquement » lorsqu’elle est apte à exprimer sa volonté et à participer à la décision (Code de l’action sociale et des familles, article L311-3).

Pour ses proches aussi, le portail national pour les personnes âgées est clair : « Il est important de respecter les refus de la personne. »

Pour les soins, la règle est écrite en toutes lettres : « Toute personne a le droit de refuser ou de ne pas recevoir un traitement » (Code de la santé publique, article L1111-4). Aucun acte médical ne peut être pratiqué sans son consentement libre et éclairé, qu’elle peut retirer à tout moment. Son médecin, lui, continue de la suivre.

Peut-on l’obliger à aller en Ehpad ?

Ce choix lui revient, pour un Ehpad comme pour une autre maison de retraite. La loi lui garantit le libre choix entre un service à domicile et l’entrée dans un établissement (article L311-3). À l’entrée, le directeur doit rechercher son consentement à être accueillie, lors d’un entretien où il l’informe de ses droits (article L311-4).

Même sous tutelle, c’est elle qui choisit où elle vit (service-public.gouv.fr). En cas de difficulté, c’est le juge qui statue, ou le conseil de famille s’il a été constitué (Code civil, article 459-2).

Et si elle ne peut plus vraiment décider ?

Refuser n’est pas « ne plus pouvoir décider » : on peut faire, en toute lucidité, un choix qui inquiète ses proches. Si vous doutez qu’elle comprenne encore ce qu’on lui propose, parlez-en à son médecin traitant, plutôt que d’en décider entre vous.

Il existe plusieurs mesures de protection : la sauvegarde de justice, la curatelle, la tutelle, l’habilitation familiale (portail national). Une mesure judiciaire comme la curatelle ou la tutelle n’est ordonnée par le juge « qu’en cas de nécessité » (Code civil, article 428). Une tutelle se demande au juge, avec le certificat d’un médecin habilité (service-public.gouv.fr).

Ce n’est donc pas un moyen de faire céder un refus. Sous tutelle, une personne prend seule les décisions qui concernent sa personne, dans la mesure où son état le permet (service-public.gouv.fr).

Si elle le souhaite, elle peut aussi préparer l’avenir avec un mandat de protection future, tant qu’elle n’est ni sous tutelle ni sous habilitation familiale. Elle y désigne elle-même qui la représentera le jour où elle n’aura plus la capacité de gérer ses intérêts (service-public.gouv.fr).

Pour une question sur sa situation, un point-justice vous accueille gratuitement et en toute confidentialité. L’annuaire du ministère de la Justice permet d’en trouver un par commune ou code postal (justice.gouv.fr).

La personne de confiance : ce qu’elle peut, et ce qu’elle ne peut pas

La personne de confiance, c’est elle qui la choisit : un proche, ou son médecin traitant. Elle la désigne par écrit, et peut en changer à tout moment. Cette personne l’accompagne dans ses démarches et ses entretiens médicaux, et elle est consultée.

Mais son rôle a une limite. Le portail national l’écrit aux personnes âgées elles-mêmes : « L’avis de la personne de confiance est en principe uniquement consultatif : elle ne décide pas à votre place. » Si c’est vous qu’elle choisit, vous l’accompagnez ; vous ne décidez pas pour elle.

Pourquoi refuse-t-elle ? Les questions à se poser avant d’insister

Qu’est-ce qu’elle refuse, exactement ?

Un « non » peut viser une proposition précise, pas toute aide. Avant d’insister, cherchez ce qu’elle refuse ; le plus simple est de le lui demander.

  • Quelqu’un qu’elle ne connaît pas, chez elle ?
  • Des horaires qu’on lui impose ?
  • Le prix ?
  • Ce que cette aide dirait d’elle : « je n’en suis pas là » ?
  • Une mauvaise expérience, avec une aide ou un appareil ?
  • La crainte d’un premier pas vers l’Ehpad ?
  • Ne pas voir à quoi cela servirait ?

Chaque réponse appelle une proposition différente : une autre personne, un autre horaire, une aide plus légère, ou simplement du temps. Ne pas en voir l’intérêt, par exemple, est l’un des freins à l’usage des alarmes d’appel. Une étude britannique l’a relevé auprès de personnes de plus de 90 ans (BMJ, 2008).

Et si c’était autre chose ?

Une fatigue, une tristesse ou une mémoire qui flanche peuvent aussi se cacher derrière un refus. Ce n’est pas à vous d’en faire le diagnostic. Parlez-en à son médecin traitant, avec elle si possible.

Comment lui en parler sans la braquer ?

Parler de votre inquiétude, pas de sa fragilité

Dites ce que vous ressentez, plutôt que ce qu’elle ne peut plus faire. Les premiers gestes de cette conversation sont dans notre guide pour veiller de loin sur une personne âgée qui vit seule. Choisissez un moment calme, à deux, sans rien à décider le jour même.

Lui laisser le choix : quoi, qui, quand

Partez de ce qui lui pèse, à elle : les vitres, les courses, le jardin. Laissez-la choisir le jour et l’heure. Si quelqu’un doit venir chez elle, proposez-lui de le rencontrer avant de dire oui.

Proposer à l’essai, avec une date pour en reparler

Un essai engage moins qu’une décision. Proposez quelques semaines, et fixez ensemble une date pour faire le point. Si elle arrête, c’est une réponse, pas un échec. Et si elle redit non, laissez passer du temps avant d’en reparler, autrement.

Faire porter la proposition par quelqu’un d’autre

Une proposition s’entend parfois mieux quand elle vient de quelqu’un d’extérieur à la famille.

  • Son médecin traitant.
  • Le point d’information local proche de chez elle (CLIC, point d’info autonomie ou service senior), dont l’accueil est gratuit (portail national).
  • L’équipe de son département, si elle demande l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) : un professionnel vient chez elle et lui propose un plan d’aide (service-public.gouv.fr).

Ce plan, c’est elle qui l’accepte ou qui demande des modifications ; elle a 10 jours pour le faire (service-public.gouv.fr). Rien n’y est automatique : l’APA a des conditions d’âge, 60 ans au moins, et de perte d’autonomie.

Ce qu’il vaut mieux éviter

  • Décider à sa place, même pour son bien.
  • Parler d’elle devant elle, comme si elle n’était pas là.
  • L’ultimatum, ou le chantage affectif.
  • Présenter une aide pour ce qu’elle n’est pas.
  • Installer quoi que ce soit en cachette.

Pour une caméra, c’est même puni par la loi : on ne filme pas une personne dans un lieu privé sans son accord (service-public.gouv.fr).

Que lui proposer en premier ?

Le moins intrusif d’abord, et une seule chose à la fois. Par exemple, dans cet ordre :

  1. Un rendez-vous d’appel, à l’heure qu’elle choisit, et ce qu’on fait s’il manque : voyez Personne âgée qui ne répond pas au téléphone.
  2. Une clé chez un voisin qu’elle choisit, pour le jour où quelqu’un doit entrer : voyez ce qu’il faut préparer.
  3. Le registre canicule de la mairie : un proche peut demander l’inscription (service-public.gouv.fr), si elle ne s’y oppose pas (Code de l’action sociale et des familles, article L121-6-1). Même là, son non compte.
  4. Deux heures d’aide ménagère par semaine, plutôt qu’une aide tous les jours.
  5. Un dispositif d’alerte choisi avec elle : notre guide pour veiller de loin compare les solutions, du bouton qu’on porte aux capteurs posés chez soi.

Personne âgée en danger : quand ne plus attendre son accord ?

Un danger immédiat : le 15 ou le 112

Un malaise, une chute, une blessure : on appelle les secours sans attendre son accord. Le 15 (Samu), le 18 (pompiers) et le 112 sont gratuits et joignables 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 (service-public.gouv.fr).

Une situation qui se dégrade, sans urgence

Imaginons : elle mange moins, elle sort de moins en moins, et elle refuse toujours qu’on l’aide. Ce n’est pas une urgence, mais vous pouvez en parler à d’autres.

  • Son médecin traitant.
  • Le point d’information local, qui aide à trouver des solutions pour continuer à vivre chez soi (portail national).
  • Le centre communal d’action sociale (CCAS) ou sa mairie, ou encore le service social de son département (portail national).

Aucun d’eux ne décidera à sa place.

Si elle parle de mourir : le 31 14

Si elle vous dit qu’elle n’a plus envie de vivre, ne gardez pas ces mots pour vous. Le 31 14, le numéro de prévention du suicide, est gratuit, et des professionnels y répondent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 (service-public.gouv.fr). En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112.

Si vous craignez une maltraitance : le 3133

Si quelqu’un la maltraite ou la néglige, ou si vous le craignez, appelez le 3133. C’est le numéro national contre les maltraitances envers les adultes vulnérables. Il remplace le 3977 depuis le 1er mars 2026 ; l’appel est gratuit, 7 jours sur 7, de 9 h à 20 h (ministère chargé des Solidarités). Il sert pour une maltraitance, pas pour son refus d’être aidée.

Et vous, au milieu ?

Un refus qui dure use aussi la personne qui propose. Aider un proche est un rôle très partagé. En 2021, 9,3 millions de personnes déclaraient aider régulièrement un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie (DREES).

Le point d’information local informe et oriente aussi les aidants (portail national). Et partager la veille avec d’autres proches évite que tout repose sur une seule personne.

Ce que Zenyo lui demandera, et ce qu’il ne fera pas

Zenyo, c’est ce que nous construisons : un boîtier branché au salon, des capteurs sans fil dans les autres pièces, et une application pour vous. Ce n’est pas une réponse à un refus, mais l’une des choses qu’on peut lui proposer. Et là aussi, c’est elle qui décide.

Zenyo ne sera pas expédié sans son accord, et elle pourra le retirer à tout moment.

Si elle accepte, vous l’installerez avec elle (comment ça marche). Rien à porter, ni caméra ni micro.

Si elle préfère que le boîtier se taise, ses annonces, comme la date du matin, pourront être coupées. On les coupe une à une, ou toutes pendant les heures qu’elle choisit : c’est le mode silence. La sonnerie d’alerte, elle, sonnera toujours le jour (le quotidien avec Zenyo).

Ses limites, dites franchement. Zenyo n’est pas une aide à domicile : ni repas, ni ménage, ni toilette. Elle ne pourra parler à personne par Zenyo. Si elle veut joindre quelqu’un d’un geste, à toute heure, une téléassistance la met en contact avec un téléopérateur (portail national).

Zenyo ne détecte pas la chute elle-même : il remarque ce qui ne se passe plus. Il n’a pas de centre d’appel, n’appelle pas les secours, et ce n’est pas un dispositif médical (nos réponses à vos questions).

Il lui faudra un téléphone portable qui va sur Internet pour donner son accord. Si elle n’a qu’un téléphone fixe, ou pas de téléphone du tout, il n’est pas prévu, pour l’instant, d’autre façon de le donner.

Pour qu’on vous prévienne à la sortie de Zenyo, laissez votre adresse ci-dessous et appuyez sur « Me prévenir à la sortie ». On vous écrira à l’ouverture des premières installations, et rien d’autre.

Sources

Chaque chiffre de cet article renvoie à sa source, relue le 17 octobre 2026. Une erreur ? Écrivez à contact@zenyo.fr : elle sera corrigée, et la correction datée.