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Surveiller une personne âgée à domicile : quoi choisir

Il n’y a pas une « surveillance » possible, mais huit familles de solutions, qui ne remarquent pas la même chose. Un bouton qu’on porte remarque son appel. Des capteurs posés chez elle remarquent qu’il ne se passe plus rien. Une caméra montre. Un traceur dit où elle est. Quelqu’un qui passe, lui, agit. Choisir, c’est donc répondre à quatre questions : qu’est-ce que vous voulez remarquer, acceptera-t-elle de porter quelque chose, sort-elle seule, et qui peut passer chez elle ? Zenyo, que nous construisons, appartient à l’une d’elles : nous le disons tout de suite, et nous en parlons à la fin, avec ses limites.

Par Alex, fondateur de Zenyo · · 16 min de lecture

L’essentiel

« Surveiller », est-ce vraiment ce que vous cherchez ?

Le plus souvent, ce qu’on cherche est d’être prévenu quand quelque chose ne va pas. C’est aussi ce qui demande le moins à son intimité.

On tape « surveillance personne âgée », « télésurveillance », « système de surveillance » ou « kit ». Sous ces mots se cachent trois intentions très différentes : être prévenu, voir ce qui se passe chez elle, ou savoir où elle est. Elles n’appellent pas les mêmes solutions, et pas le même renoncement.

Et c’est elle qui décide. Le portail national l’écrit sans détour : « Vous devez toujours agir avec son consentement. Il est important de respecter les refus de la personne. » (portail national pour les personnes âgées). Pour la conversation elle-même, Personne âgée qui refuse toute aide donne des pistes.

Sur un point, la loi a déjà tranché : photographier ou filmer une personne dans un lieu privé sans son accord est sanctionné d’un an d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende (service-public.gouv.fr). Nous y revenons à la famille « caméra ».

Et si votre question est plutôt peut-elle encore vivre seule, aucun appareil n’y répond : ce qui aide à en juger est ailleurs.

Avant de choisir : qu’est-ce que vous voulez remarquer ?

Trois problèmes très différents se cachent derrière la même inquiétude, et presque aucune solution ne couvre les trois.

Un accident brutal — la chute dont elle ne se relève pas. Le temps compte : dans ses recommandations sur les chutes répétées, la Haute Autorité de santé compte « l’impossibilité de se relever du sol avec séjour au sol supérieur à une heure » parmi les signes de gravité. C’est le sujet de rester au sol après une chute.

Un rythme qui se dérègle doucement — elle se lève plus tard, elle sort moins, elle se lève plusieurs fois la nuit. Aucun bouton ne le remarque. Il faut pour cela quelque chose qui observe ses journées, ou quelqu’un qui passe.

Une sortie — elle part et ne retrouve pas son chemin. C’est la famille des traceurs, et ni un bouton ni des capteurs posés au salon n’y répondent.

Et ce qui ne s’achète pas : qui peut entrer ? Une alerte ne sert à rien si personne ne peut ouvrir la porte. Qui habite à dix minutes, qui a une clé, à quel numéro appeler la nuit : notre guide pour veiller de loin aide à l’organiser, et le jour où elle ne répond pas dit quoi faire, et quand appeler le 112.

Les huit familles, côte à côte

Pour chacune, quatre réponses : ce qu’elle remarque, ce qu’elle ne voit pas, ce qu’il faut porter ou recharger, et ce qu’elle donne à voir, et à qui. Elles vont ici de la moins à la plus intrusive.

Trois choses n’y sont pas, volontairement : le pilulier répond à un autre problème, celui des médicaments ; les détecteurs de fumée ou de gaz protègent le logement, pas la personne ; aménager son logement est un autre sujet encore.

Les appels, les visites, les relais de sa commune

  • Ce qu’ils remarquent : ce qu’on entend au téléphone, ce qu’on voit en entrant, et un rendez-vous d’appel qui n’a pas lieu.
  • Ce qu’ils ne voient pas : tout ce qui arrive entre deux appels, et la nuit.
  • À porter ou à recharger : rien. Un téléphone qu’elle garde près d’elle aide.
  • Ce que cela donne à voir, et à qui : rien n’est installé, rien n’est enregistré. C’est la seule famille qui ne demande aucun renoncement.

C’est la bonne solution quand des proches peuvent appeler et passer régulièrement.

Sa commune a aussi des relais. Le point d’information local — CLIC, point d’info autonomie, service senior selon les départements — propose un accueil gratuit, et oriente aussi les proches. La mairie tient par ailleurs un registre des personnes vulnérables, gratuit et confidentiel. Elle le mobilise en cas de risque exceptionnel — une canicule, par exemple —, et un proche peut y demander son inscription (service-public.fr).

Le bouton qu’on porte, relié à une centrale

  • Ce qu’il remarque : son appel, quand elle appuie. Un téléopérateur répond 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 (portail national). Porté et pressé, un bouton prévient plus vite que n’importe quel capteur.
  • Ce qu’il ne voit pas : la chute où il est resté sur la table de nuit, ou celle où elle ne peut pas appuyer.
  • À porter : sur elle, en permanence — « un médaillon autour du cou, une montre / un bracelet de téléassistance ou des lunettes spéciales », parfois étanches pour la douche (portail national).
  • Ce que cela donne à voir, et à qui : pendant l’appel, le téléopérateur l’entend et lui parle par le micro-haut-parleur installé chez elle. La liste des personnes à prévenir est déposée chez le prestataire.

C’est la bonne solution quand elle accepte de le porter. Si le sien reste dans un tiroir : bracelet de téléassistance, quand elle refuse de le porter.

Le détecteur de chute, qui part tout seul

  • Ce qu’il remarque : placé dans un bracelet ou un médaillon, il détecte le choc au sol puis une courte inactivité (ARS Île-de-France, 2016). Le signal part sans qu’elle ait à appuyer (portail national).
  • Ce qu’il ne voit pas : en 2016, l’ARS Île-de-France écrivait que ces capteurs « ne détectent que les chutes lourdes et non les chutes molles et produisent parfois des fausses alertes ». Et rien du tout s’il n’est pas porté : en 2017, une étude publiée par l’État jugeait son efficacité « conditionnée à la volonté de la personne de le porter » (PIPAME, 2017).
  • À porter : sur elle, au moment de la chute.
  • Ce que cela donne à voir, et à qui : comme le bouton, rien de plus en temps normal.

C’est la bonne solution quand elle porte son médaillon mais ne pense pas à appuyer.

La montre connectée

  • Ce qu’elle remarque : ce que son fabricant annonce, le plus souvent une chute et un appel d’urgence depuis le poignet, à vérifier dans sa documentation avant d’acheter.
  • Ce qu’elle ne voit pas : ce qui n’est pas une chute. Et rien quand elle est sur son chargeur, dans un tiroir, ou hors de portée du téléphone.
  • À porter et à recharger : les deux, régulièrement.
  • Ce que cela donne à voir, et à qui : un compte chez un fabricant, et des données d’activité ou de position confiées à un tiers.

C’est la bonne solution quand elle en a déjà une, qu’elle la porte et la recharge sans y penser.

Le traceur ou le bracelet GPS, pour les sorties

  • Ce qu’il remarque : où elle est. Le portail national note que « certains dispositifs peuvent être équipés d’un GPS qui permet d’alerter la plateforme même en dehors de votre domicile » (portail national).
  • Ce qu’il ne voit pas : ce qui se passe chez elle. Une chute dans le salon n’est pas son sujet.
  • À porter et à recharger : les deux.
  • Ce que cela donne à voir, et à qui : sa position, en permanence, à ceux qui y ont accès. C’est la plus intrusive après la caméra, et elle demande son accord.

C’est la bonne solution quand elle sort seule et que c’est dehors que vous vous inquiétez.

Les capteurs de présence posés dans le logement

  • Ce qu’ils remarquent : une maison où plus rien ne bouge. « Des capteurs sont installés dans votre logement et ils détectent vos déplacements. En cas d’absence d’activité, une alerte est envoyée automatiquement à la plateforme de téléassistance » (portail national).
  • Ce qu’ils ne voient pas : la chute elle-même — l’alerte porte sur une situation inhabituelle —, ni rien hors du logement. En 2016, l’ARS Île-de-France décrivait des capteurs qui apprennent les habitudes de la personne : « dans certaines situations plusieurs heures peuvent se passer avant que l’alerte soit déclenchée », et la solution est « incompatible avec la vie de couple » (ARS Île-de-France, 2016).
  • À porter : rien — « le principal avantage de cette solution », écrivait en 2016 l’ARS Île-de-France. Couvrir tout le logement demande en revanche « un équipement parfois coûteux et complexe » (PIPAME, 2017).
  • Ce que cela donne à voir, et à qui : ni image ni son, telle que les sources publiques la décrivent. Mais des présences, pièce par pièce, heure par heure. C’est déjà beaucoup, et cela demande son accord.

C’est la bonne solution quand elle vit seule et ne veut rien porter.

La caméra

  • Ce qu’elle remarque : ce qui se passe dans le champ de l’objectif, en direct.
  • Ce qu’elle ne voit pas : les pièces sans objectif, et ce qui arrive quand personne ne regarde l’écran.
  • À porter : rien.
  • Ce que cela donne à voir, et à qui : son image, à qui a accès au flux. C’est la plus intrusive des huit familles, et la seule où la loi tranche (service-public.gouv.fr).

C’est la bonne solution quand c’est elle qui la demande, pour une pièce convenue ensemble — jamais à son insu. En 2016, l’ARS Île-de-France voyait dans les capteurs caméra la seule solution qui détecte « les chutes lourdes et molles avec une bonne réactivité » (ARS Île-de-France, 2016).

Quelqu’un qui passe : aide à domicile, portage de repas, garde de nuit

  • Ce qu’il ou elle remarque : tout ce qu’un être humain voit. Et c’est la seule famille qui agit : une aide à domicile vient « faire certaines tâches ménagères (par exemple, aide pour les repas, le ménage, la lessive) » (service-public.gouv.fr).
  • Ce qu’il ou elle ne voit pas : les heures où personne n’est là.
  • À porter : rien.
  • Ce que cela donne à voir, et à qui : quelqu’un entre chez elle, régulièrement. C’est un choix qui se fait avec elle.

C’est la bonne solution quand il faut de l’aide pour les gestes du quotidien, et une vraie présence.

Le portage de repas, une garde ou une présence de nuit : le point d’information local de sa commune dit ce qui existe près de chez elle. Et pour rémunérer une aide à domicile, une aide financière existe (service-public.gouv.fr).

Comment surveiller une personne âgée la nuit ?

La nuit change la réponse, dans chacune des huit familles.

  • Un bouton qu’elle retire pour se coucher n’est plus à portée. C’est l’une des raisons pour lesquelles un médaillon reste dans un tiroir.
  • Des capteurs posés chez elle perçoivent ses déplacements à toute heure, donc aussi ses passages nocturnes.
  • Une caméra dans une chambre, c’est ce qu’on ne fait pas : c’est la pièce la plus intime du logement.
  • Et quand il faut vraiment quelqu’un la nuit, c’est une présence de nuit qu’il faut chercher, pas un appareil.

Faut-il n’en choisir qu’une ?

Non : elles se complètent, et plusieurs se posent ensemble sans se gêner. Un bouton pour les sorties et des capteurs à la maison ne se disputent rien.

En 2017, l’étude publiée par l’État envisageait des téléassistances enrichies d’équipements complémentaires reliés au même appareil, dont des détecteurs de présence et d’ouverture de porte (PIPAME, 2017). C’était une perspective, écrite il y a neuf ans : demandez au prestataire ce que son offre comprend aujourd’hui.

Quelle solution selon sa vie ?

  • Elle sort seule, elle marche, elle va au marché, elle conduit : une solution qui fonctionne dehors, donc un bouton mobile ou une montre avec GPS. Des capteurs posés au salon ne la suivent pas.
  • Elle veut pouvoir parler à quelqu’un d’un geste, à toute heure : une téléassistance avec centrale, où un téléopérateur répond 24 heures sur 24 (portail national).
  • Personne ne peut passer vite chez elle : là encore une centrale, qui déclenche les secours si c’est urgent ou si elle ne répond pas. Une réserve, datée de 2017 : quand les proches ne pouvaient pas intervenir, l’étude publiée par l’État relevait « de fortes disparités selon les départements » (PIPAME, 2017). Demandez au prestataire ce qu’il fait dans ce cas.
  • Elle a une maladie d’Alzheimer et elle sort, parfois la nuit : de la localisation et un accompagnement, et d’abord l’avis de son médecin — « le médecin est le seul à pouvoir poser un diagnostic » (Santé.fr). Des capteurs posés dans le logement ne répondent pas à ce besoin : ils ne voient rien dehors.
  • Elle vit à deux : le bouton qu’on porte. Les capteurs qui apprennent des habitudes sont incompatibles avec la vie de couple, écrivait en 2016 l’ARS Île-de-France.
  • Il faut quelqu’un pour les gestes du quotidien — les repas, le ménage, le linge : c’est une aide à domicile qu’il faut, et aucun appareil ne la remplace (service-public.gouv.fr).
  • Vous voulez voir ce qui se passe parce que vous craignez une maltraitance : pas une caméra posée en cachette, qui est punie par la loi. Le 3133 est le numéro national contre les maltraitances envers les adultes vulnérables, gratuit, 7 jours sur 7 de 9 h à 20 h (solidarites.gouv.fr).
  • Il n’y a pas d’internet chez elle : demandez au prestataire ce dont son matériel a besoin pour transmettre une alerte. C’est une question à poser avant de signer, pas après.

Et si elle vit seule, chez elle, qu’elle ne veut rien porter, et que ce que vous voulez c’est être prévenu quand il ne se passe plus rien : ce sont des capteurs posés dans le logement. C’est la famille dont nous parlons juste après.

Combien ça coûte, et qui peut aider à payer ?

Nous ne donnons aucun prix, et aucune fourchette. La raison est simple : le portail national écrit que « le coût de l’abonnement à un dispositif de téléassistance diffère d’un prestataire à l’autre » et n’en donne aucun (portail national). Les chiffres qui circulent viennent de vendeurs ou de comparateurs.

Demandez donc un devis écrit, et ce qu’il comprend : le matériel, l’installation, l’abonnement, la durée d’engagement, et ce qui se passe si vous arrêtez.

Des aides peuvent prendre en charge tout ou partie du coût d’une téléassistance : le portail national les détaille.

Comment en parler, et essayer

Partez de ce qu’elle veut, elle, pas de ce qui vous rassurerait. « Pouvoir rester chez moi » est un objectif qu’on partage ; « être surveillée » n’en est pas un.

Commencez par le moins intrusif de ce qui répond à votre inquiétude. On peut toujours ajouter plus tard ; revenir en arrière est plus difficile.

Proposez un essai, avec une date pour en reparler. Le portail national le dit simplement : « Il est important de prendre le temps de choisir le système qui correspond à votre besoin de sécurité et à votre mode de vie. » Pour la conversation, Personne âgée qui refuse toute aide propose des façons d’aborder le sujet.

Ce que fera Zenyo, et ce qu’il ne fera pas

Zenyo, c’est ce que nous construisons, dans la famille des capteurs posés chez soi : un boîtier branché au salon, des capteurs sans fil dans les autres pièces, et une application pour vous (comment ça marche). Rien à porter, ni caméra ni micro. Ce n’est pas une téléassistance : aucune plateforme ne reçoit ses alertes. Sa sortie est prévue fin 2026.

Il ne détectera pas la chute elle-même : il remarquera ce qui ne se passe plus — aucun mouvement dans la maison depuis bien plus longtemps que tout ce qu’il a observé chez elle (nos réponses à vos questions). Cela peut prendre plusieurs heures, davantage la nuit.

Alors, le jour, le boîtier sonnera chez elle et son gros bouton lumineux s’allumera : elle appuiera dessus pour dire que tout va bien. Un simple mouvement ne suffira pas, puisqu’on peut bouger au sol sans pouvoir se relever. Sans réponse, vous serez prévenu·e, puis ses autres proches, jusqu’à « je m’en occupe » — sept au plus (la cascade). La nuit, il ne sonnera pas, mais on vous préviendra quand même.

Ce gros bouton lui servira aussi à appeler ses proches à l’aide d’elle-même. Et une présence bien plus longue que d’habitude dans une même pièce déclenchera l’alerte, même si elle y bouge.

Le matin, l’application comparera sa journée à ses habitudes, sur quatre repères, et signalera un écart, léger ou net. Il ne dira pas pourquoi, et ne remplacera pas l’avis d’un médecin.

Bon à savoir :

  • Il veillera à la maison, sur une personne qui vit seule : à deux, les capteurs ne savent pas qui bouge ; dehors, un bracelet avec GPS reste utile.
  • Ce ne sont pas les secours qui seront appelés : il lui faut des proches qui puissent passer chez elle.
  • Le boîtier principal va dans la pièce de vie : c’est lui qui remarque aussi une personne immobile ; dans les autres pièces, les capteurs perçoivent le mouvement.
  • Il se connectera au Wi-Fi de la maison : s’il ne donne plus de nouvelles pendant une heure, vous recevrez un courriel.
  • Ce n’est pas un dispositif médical, et il ne s’installera jamais sans son consentement.

Zenyo peut aussi s’ajouter à un bracelet qu’elle accepte de porter le jour ou pour sortir, sans le remplacer.

Pour qu’on vous prévienne à la sortie de Zenyo, laissez votre adresse ci-dessous et appuyez sur « Me prévenir à la sortie ». On vous écrira à l’ouverture des premières installations, et rien d’autre.

Sources

Chaque chiffre de cet article renvoie à sa source, relue le 29 octobre 2026. Une erreur ? Écrivez à contact@zenyo.fr : elle sera corrigée, et la correction datée.

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