Chute d’une personne âgée à domicile : que faire ?
Elle est au sol en ce moment ? Appelez le 15 ou le 112, et demandez s’il faut la relever. Chaque année, environ une personne de plus de 65 ans sur cinq tombe (Santé publique France).
Par Alex, fondateur de Zenyo · · 11 min de lecture
L’essentiel
- Elle est au sol en ce moment ? Appelez le 15 ou le 112, et demandez s’il faut la relever.
- Elle s’est relevée, sans blessure ? Proposez-lui quand même d’en parler à son médecin traitant.
- Elle tombe souvent ? C’est aussi à dire au médecin, sans attendre.
- Elle n’ose plus bouger par peur de tomber ? C’est aussi à dire au médecin, sans attendre.
Elle est tombée chez elle et s’est relevée, sans blessure ? Proposez-lui quand même d’en parler à son médecin traitant : après une chute, l’Assurance maladie conseille de consulter.
Elle tombe souvent, ou n’ose plus bouger par peur de tomber ? C’est aussi à dire au médecin, sans attendre. Ce qui se joue quand on ne peut pas se relever est dans Rester au sol après une chute.
Elle vient de tomber : que faire tout de suite ?
Elle est encore au sol
Appelez le 15 ou le 112, gratuits jour et nuit (service-public.fr). Au 15, le médecin peut vous dire quels gestes faire en attendant les secours (Santé.fr) : demandez-lui s’il faut la relever. La suite : si vous la trouvez au sol, faut-il la relever ?, et ce qu’on dit à l’opérateur quand on appelle de loin.
Elle s’est relevée seule
Même si la chute semble sans conséquence sur le moment, l’Assurance maladie conseille de rester vigilant. Des symptômes peuvent apparaître par la suite, comme une douleur, un malaise, une articulation qui gonfle ou un hématome. Dans ce cas, c’est le médecin traitant qu’il faut consulter.
Au moindre doute, appelez le 15 : une équipe de régulation médicale y évalue la gravité de la situation (ARS Auvergne-Rhône-Alpes).
Vous l’apprenez après coup, au téléphone
Imaginons : au téléphone, votre mère vous dit qu’elle est tombée hier dans la cuisine, qu’elle s’est relevée, que ce n’était rien. Ou c’est une voisine qui vous l’apprend : appelez votre mère, c’est à elle de raconter.
Vous n’avez pas à juger de la gravité. Quelques questions simples aideront son médecin :
- Comment est-ce arrivé : en se levant, en marchant, la nuit ?
- A-t-elle pu se relever seule ?
- Combien de temps est-elle restée par terre ?
- A-t-elle mal quelque part ?
- A-t-elle peur de retomber ?
La plupart reprennent, en mots simples, des questions de la Haute Autorité de santé. Pour les personnes qui tombent à répétition, la HAS recommande aux médecins de poser ces questions à la personne « et/ou à son entourage proche ». Posez-les avec elle : c’est elle qui racontera sa chute au médecin.
Si elle n’a pas pu se relever seule, dites-le, même sans blessure. Santé publique France l’écrit : « Même en l’absence de traumatisme immédiat, l’incapacité à se relever est de mauvais pronostic ». Pourquoi : Rester au sol après une chute.
Même sans blessure, faut-il voir le médecin ?
Oui. Les conséquences d’une chute ne se voient pas toujours tout de suite, et une chute peut se reproduire. À toute personne qui est tombée, l’Assurance maladie écrit : « Pour diminuer votre risque de chute, consultez votre médecin. » Et : « Si vous êtes déjà tombé, parlez-en car le risque que cela se reproduise est élevé. »
Pour vous : proposez-lui d’en parler à son médecin traitant, et de l’accompagner si elle le souhaite.
Ce qu’on dit au médecin
« Dites à votre médecin combien de fois vous êtes tombé et si vous appréhendez la marche parce que vous avez peur de tomber », résume l’Assurance maladie.
Comptez toutes les chutes. Pour la HAS, une chute, c’est « se retrouver involontairement sur le sol ou dans une position de niveau inférieur par rapport à sa position de départ ». Glisser de son fauteuil jusqu’au sol en est donc une.
Le médecin regardera notamment sa marche, son équilibre et ses pieds ; si besoin, il demandera un bilan de l’audition ou de la vue (Assurance maladie).
Pourquoi est-elle tombée ?
« Le plus souvent la chute est la résultante de plusieurs facteurs présents chez une même personne », écrit l’Assurance maladie, et les malaises en font partie. Chercher lesquels, c’est le rôle du médecin, pas le vôtre.
Ses médicaments
Certains médicaments ont des effets secondaires qui altèrent la vigilance ou la régulation de la tension artérielle (Assurance maladie). Une chute est une bonne occasion de faire le point sur ses traitements avec son médecin. Le portail national pour les personnes âgées conseille de les revoir au moins une fois par an, ou à chaque changement de son état de santé. Les autres signes à regarder chez elle sont dans Personne âgée : peut-elle encore vivre seule ?.
Elle ne veut pas y aller
C’est elle qui décide : « Vous devez toujours agir avec son consentement », rappelle le portail national. Pour en parler sans la braquer : Personne âgée qui refuse toute aide.
Si elle a été hospitalisée
En 2024, Santé publique France a compté 174 824 hospitalisations en lien avec une chute chez les 65 ans et plus. Après une hospitalisation pour chute, l’Assurance maladie peut aider à préparer le retour à domicile. Avec son service Prado, un conseiller peut venir la voir pendant le séjour, pour planifier ses premiers rendez-vous en ville.
Elle tombe souvent : qu’est-ce que ça change ?
Votre mère ou votre père tombe souvent, ou c’est la deuxième fois en un an ? On parle alors de « chutes répétées » : pour la Haute Autorité de santé, c’est « au moins deux chutes sur une période de 12 mois ». Elles ont leurs propres recommandations, qui prévoient notamment :
- une évaluation par le médecin de tout ce qui peut y contribuer, « première étape » de la prise en charge ;
- après une nouvelle chute, de revoir la personne « dans un délai d’une semaine », notamment pour repérer une peur de chuter ;
- plusieurs actions à la fois : revoir les médicaments, corriger ce qui peut l’être, marcher ou bouger régulièrement, des chaussures adaptées, de la kinésithérapie si la marche ou l’équilibre sont touchés.
Dans sa synthèse de 2024, la HAS range d’ailleurs parmi les chutes dites « graves » celle qui suit une autre chute dans l’année. Le médecin traitant peut alors demander, si possible, l’avis d’un gériatre, en consultation ou en hôpital de jour.
Et si elle vit seule : la HAS compte « le fait de vivre seul » parmi les trois principales situations à risque de chute grave. Voyez notre guide pour veiller de loin.
Un carnet, pour le médecin
Notez chaque chute, avec elle : la date, l’heure, ce qu’elle faisait, si elle a pu se relever seule. C’est ce que le médecin demandera : combien de fois, et comment.
Vous avez votre place dans ce suivi. La HAS l’écrit : « L’éducation de la personne âgée faisant des chutes répétées et de ses aidants est nécessaire à la mise en œuvre de la prise en charge. »
Depuis sa chute, elle a peur de tomber et n’ose plus bouger
Elle sort moins, ne veut plus marcher, reste dans son fauteuil ? L’Assurance maladie parle de « phobie de la chute ou syndrome post-chute ». Sa page le décrit ainsi : « Dans les jours qui suivent la chute, alors que le bilan médical est bon, la personne réduit ses activités, refuse de marcher, a peur de sortir et de tomber et se confine au domicile. » Seul son médecin peut dire si c’est ce qui lui arrive.
Le piège : trop la protéger
La même page ajoute une phrase qui vous concerne : « Elle perd confiance en elle et son entourage a tendance à la surprotéger, restreignant encore plus son autonomie. »
Vouloir la protéger est un réflexe, et il se comprend. Mais lui déconseiller de sortir, ou faire à sa place ce qu’elle fait encore, réduit un peu plus ce qu’elle fait seule.
Ce qui l’aide
- En parler tôt à son médecin. La peur de tomber se dit au médecin, comme les chutes. Pour l’Assurance maladie, « une rééducation intensive très précoce est le seul traitement parfois efficace » : mieux vaut ne pas attendre.
- Parler de la chute elle-même. La HAS demande que le médecin ou un psychologue aborde « l’aspect psychologique de la chute », surtout quand elle a laissé une peur de tomber.
- Bouger, accompagnée. Selon sa situation, le médecin peut prescrire de la rééducation, ou un programme d’activité physique adaptée, avec un kinésithérapeute ou un enseignant spécialisé. La HAS prévoit qu’on y apprenne aussi à se relever du sol.
- Rester active, à son rythme. Les recommandations mondiales reprises par la HAS le disent : les personnes âgées devraient être « aussi actives que le permet leur capacité fonctionnelle ».
Où et avec qui s’exercer à se relever du sol : voyez apprendre à se relever, avant d’en avoir besoin. Elle ne veut rien entendre ? Proposez un essai, sans l’imposer : Personne âgée qui refuse toute aide.
Chez elle : que changer dans son logement après une chute ?
En 2010, chez les 65 ans et plus venus aux urgences après une chute, 70 % des chutes avaient eu lieu à domicile (Santé publique France, 2017). Parmi ce que la HAS conseille d’expliquer à chacun :
- dégager les sols encombrés ;
- retirer les petits tapis, ou les empêcher de glisser ;
- poser des barres d’appui dans la salle de bain et aux toilettes ;
- installer des mains courantes et de la lumière dans les escaliers ;
- porter des chaussures ajustées, qui tiennent bien le pied.
Faites le tour avec elle : c’est son logement, et elle sait ce qui la gêne. Pour trouver de l’aide près de chez elle, le point d’information local propose un accueil gratuit (portail national).
Et si, la prochaine fois, elle ne pouvait pas se relever ?
Pour la première heure, l’aide vient de ce qu’elle a sur elle ou à portée de main : un portable dans la poche, un téléphone sur la table de nuit, un bouton d’alerte porté. Voyez Rester au sol après une chute ; et si le bouton reste au tiroir, quand elle refuse de porter son bracelet.
Ensuite, il faut que quelqu’un s’en aperçoive : un rendez-vous d’appel, une clé chez un voisin, ou des capteurs posés chez elle. Voyez veiller de loin, quand elle ne répond pas au téléphone et surveiller à domicile : les solutions comparées.
Ce que fera Zenyo
Zenyo, c’est ce que nous construisons : un boîtier branché au salon, des capteurs sans fil dans les autres pièces, et une application pour vous. Ni caméra, ni micro, rien à porter. Sa sortie est prévue fin 2026.
Si elle ne peut pas se relever, c’est l’absence de mouvement qui déclenchera l’alerte : Zenyo ne détecte pas la chute, ni le choc lui-même. Il peut donc s’écouler plusieurs heures avant l’alerte, davantage la nuit.
Le jour, le boîtier sonnera d’abord chez elle et lui demandera si tout va bien. Sans réponse de sa part, ses proches seront prévenus, l’un après l’autre, jusqu’à ce que l’un d’eux dise « je m’en occupe ». La nuit, le boîtier ne sonnera pas, pour ne pas la réveiller en sursaut, et ses proches seront prévenus.
Bon à savoir :
- Pour la première heure, ce qu’elle a sur elle compte d’abord : Zenyo s’ajoutera à son portable ou à son bouton d’alerte, sans les remplacer.
- Le boîtier principal ira dans la pièce de vie : c’est le seul qui remarquera aussi une personne immobile ; ailleurs, les capteurs percevront le mouvement.
- Ce sont ses proches qui seront prévenus, pas une centrale ni les secours : c’est à l’un d’eux d’appeler le 15 si besoin.
Pour qu’elle tombe moins, la réponse est ailleurs : son médecin, la rééducation, son logement. Zenyo, lui, remarquera ce qui ne se passe plus. Ce n’est pas un dispositif médical, et il ne s’installera jamais sans son consentement.
Pour qu’on vous prévienne à la sortie de Zenyo, laissez votre adresse ci-dessous et appuyez sur « Me prévenir à la sortie ». On vous écrira un mot de bienvenue, puis à l’ouverture des premières installations, et rien d’autre.
Sources
- Santé publique France, « Chute — Le traumatisme », mis à jour le 30 mars 2026. https://www.santepubliquefrance.fr/chute/le-traumatisme
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Vous êtes tombé ou vous avez peur de tomber : un bilan indispensable », 2 octobre 2025. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/chutes-troubles-marche/risque-de-chute-quel-bilan
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Comment réagir en cas de chute lorsque l’on est âgé ? », 28 mai 2025. https://www.ameli.fr/assure/sante/bons-gestes/seniors/reagir-cas-chute-age
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Tomber n’est pas sans conséquences quand on est âgé », 2 octobre 2025. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/chutes-troubles-marche/tomber-n-est-pas-sans-consequences-quand-est-age
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Chutes : qui est concerné et pourquoi tombe-t-on ? », 13 mars 2026. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/chutes-troubles-marche/frequence-et-causes-des-chutes
- Haute Autorité de santé et Société française de gériatrie et gérontologie, « Évaluation et prise en charge des personnes âgées faisant des chutes répétées — Recommandations », avril 2009. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2009-06/chutes_repetees_personnes_agees_-_recommandations.pdf
- Haute Autorité de santé, « Personnes âgées à risque de chute — Prescription d’activité physique », fiche de synthèse validée par le Collège le 28 mars 2024. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-04/synthese_aps_personnes_agees_a_risque_de_chute.pdf
- Santé publique France, « Hospitalisations et mortalité en lien avec une chute chez les personnes de 65 ans et plus en France. Données 2015-2024 », bulletin national, 12 mars 2026. https://www.santepubliquefrance.fr/traumatismes/chute/bulletin-national/hospitalisations-et-mortalite-en-lien-avec-une-chute-chez-les-personnes-de-65-ans-et-plus-en-france
- Santé publique France (Thélot B., Lasbeur L., Pédrono G.), « La surveillance épidémiologique des chutes chez les personnes âgées », Bulletin épidémiologique hebdomadaire n° 16-17, 11 juillet 2017. https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2017/16-17/2017_16-17_5.html
- Portail national pour les personnes âgées (CNSA), « Bien prendre ses médicaments », mis à jour le 12 mai 2026. https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/preserver-son-autonomie/preserver-son-autonomie-et-sa-sante/bien-prendre-ses-medicaments-c-est-important
- Portail national pour les personnes âgées (CNSA), « Comment repérer l’isolement d’une personne âgée ? », mis à jour le 12 juin 2025. https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/preserver-son-autonomie/preserver-son-autonomie-et-sa-sante/comment-reperer-l-isolement-d-une-personne-agee
- Portail national pour les personnes âgées (CNSA), « Les points d’information locaux dédiés aux personnes âgées », mis à jour le 30 janvier 2026. https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/preserver-son-autonomie/a-qui-s-adresser/les-points-d-information-locaux-dedies-aux-personnes-agees
- Santé.fr (fiche proposée par Hopital.fr), « La prise en charge des urgences », publiée le 6 décembre 2018. https://www.sante.fr/node/1147270
- Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, « Les services du SAMU (Centre 15) en Auvergne-Rhône-Alpes », 30 juin 2025. https://www.auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr/les-services-du-samu-centre-15-en-auvergne-rhone-alpes
- Service Public (DILA), « Quels sont les numéros en cas d’urgence (Samu, pompiers...) et les numéros d’écoute ? », vérifié le 25 août 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F33954
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